SciencesPo Environnement a testé pour vous… Le shampooing au Ghassoul !

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Le mot Ghassoul, qui se prononce et peut aussi s’écrire « Rhassoul », vient du mot arabe Ghassala qui signifie « laver » et désigne un type d’argile que l’on trouve principalement dans la région du Moyen-Atlas au Maroc, au sud de la ville de Fez. Cette terre saponifère est depuis longtemps utilisée pour les soins de la peau et des cheveux dans la région, notamment dans les hammams si l’on en croit Wikipédia1. Ses propriétés sont multiples : sébo-régulateur, adoucissant, dégraissant, apaisant… L’usage de ce produit est recommandé pour les personnes ayant des peaux sèches voire fragiles et des cheveux abîmés2,3.

Le Ghassoul est de plus en plus facile à trouver sur internet ou en boutique bio ou spécialisée (type AromaZone, Absolubio, Joli’Essence…), du fait de la tendance du « no poo » ou « low poo »  qui fait la part belle au « fait maison ». Le Low Poo, mais plus encore le No Poo désignent le fait de choisir de se passer entièrement ou presque de shampooing et autres produits lavant chimiques pour les cheveux et –parfois – pour la  peau. Les bénéfices de ce choix peuvent être multiples : la planète,  la santé, l’esthétique, les économies… et la démarche s’articule autour du fait de se laver les cheveux le moins fréquemment possible, tout en arrêtant de s’asperger les cheveux de laques, mousses et décapants divers.  Si vous souhaitez en apprendre plus sur le No Poo et le Low Poo, ce site explique fort bien la démarche et donne quelques conseils pratiques : http://echosverts.com/2015/01/27/no-poo-recettes-astuces-et-ressources/

Cette poudre s’utilise pour les soins du corps après avoir été réhydratée, à l’aide d’eau tiède. Vous pouvez en faire des masques, l’utiliser comme savon ou encore comme shampooing. Les recettes sur internet sont multiples, allant du plus enfantin au véritable TP de chimie ; il y en a pour tous les types de peaux et de cheveux. Cela ne fait donc aucun doute : les propriétés à la fois lavantes et adoucissantes du Ghassoul sauront séduire même les plus exigeant.e.s d’entre vous ! Pour vous, j’ai donc testé une recette de shampooing que j’ai également appliquée en masque sur le visage.

La recette que j’ai essayée :

½ cuillère à soupe de Miel de Tilleul biologique, pour profiter des propriétés hydratantes du Miel.

½ cuillère à soupe de glycérine végétale, aux propriétés hydratantes et adoucissante (la concentration en glycérine ne doit pas dépasser 1/10 du total.

3 cuillères à soupe de Ghassoul (s’il vous reste de la préparation, vous pouvez l’appliquer sur le visage et le corps)

De l’eau tiède (en ajouter jusqu’à ce que le Ghassoul prenne une texture qui vous convienne. Je préfère personnellement obtenir une texture de pâte que je trouve plus facile à appliquer avec les mains.)

Le shampooing ainsi concocté ne mousse pas, c’est un genre de boue, plus ou moins liquide, marron. Pas tellement ragoutant. J’ai laissé poser le shampoing entre 5 et 10 minutes, après l’avoir appliqué sur le cuir chevelu et les longueurs. Si vous avez peur de repeindre votre douche, vous pouvez utiliser une bouteille, un flacon souple avec applicateur ou même une seringue pour être plus précis dans le tartinage de votre chevelure!

Pour les plus soucieux, sachez que le mélange ne laisse pas d’odeur sur les cheveux. Cependant, si vous souhaitez imprégner votre chevelure d’une odeur délicate pour époustoufler les passants, sachez que des huiles essentielles peuvent être ajoutées à la préparation.

J’ai ensuite bien rincé à l’eau claire et j’ai eu la surprise de me retrouver avec des cheveux souples, soyeux et PROPRES. La qualité du résultat obtenu m’a complètement surprise : je n’ai pas eu besoin d’utiliser d’après shampooing, j’ai simplement laissé mes cheveux sécher à l’air libre ! A noter que je n’ai eu besoin de me laver les cheveux que QUATRE JOURS plus tard, plus parce que j’avais fait du sport que parce que ma tignasse était vraiment sale. Donc : un résultat bluffant.
Tips

Si vous souhaitez également annuler les effets du calcaire présent dans l’eau de votre douche, vous pouvez finir votre shampooing par un rinçage de vos cheveux au vinaigre de cidre, qui –sans vous faire sentir la vinaigrette – vous permettra d’avoir des cheveux plus brillants qu’à l’ordinaire, sans les assécher. Une autre possibilité est d’ajouter un trait de vinaigre de cidre à la préparation de base du shampooing.

 Cette recette n’est qu’une des versions les plus simples de ce que vous pouvez faire avec du Ghassoul. Pour ceux qui ont résolument envie de se lancer dans la fabrication de cosmétiques maison et de faire des choses plus complexes, voici donc quelques liens vers des blogs et sites proposant d’autres recettes :

http://green-me-up.com/2014/02/ma-routine-beaute-green-troisieme-partie-les-cheveux.html

http://planetaddict.com/no-poo-rhassoul/

http://lecorpslamaisonlesprit.fr/mon-1ier-shampoing-au-rhassoul-ou-ghassoul/

Surtout, n’hésitez pas à nous faire part de vos retours et expériences concernant le Ghassoul et à nous faire partager vos recettes personnelles !

 Bisous sur vos cheveux (propres).

 

Mes petites sources:

La fonte des glaces du pôle Nord et du pôle Sud

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Malgré les graves événements que vient de vivre notre pays, ne laissons pas notre réflexion se porter uniquement sur des problèmes qui nous détournent des grands enjeux contemporains. Ce serait faire le jeu de ceux qui nous veulent du mal, et surtout, ce serait oublier que le réchauffement climatique, dont nous sommes tous coupables, est lui aussi source d’insécurité. Reprenons donc notre analyse des conséquences de ce réchauffement, en nous intéressant particulièrement à la disparition progressive de la glace polaire.


Une des conséquences les plus spectaculaires de l’augmentation de la quantité de gaz à effet de serre dans l’atmosphère terrestre, et donc de l’élévation des températures, est la fonte des glaces polaires.

Comme chacun le sait, la glace n’est rien d’autre que de l’eau à l’état solide, qui se forme à une température limite de 0° C. Les glaces polaires n’existent donc que parce que les températures de l’air à la surface du sol ou de la mer, au niveau des deux pôles, sont inférieures à cette limite de changement d’état. Or, les températures estivales au pôle Nord s’établissent en moyenne à 0° C – donc parfois au-dessus de cette température – et même sans l’action de l’homme, la surface de la banquise en Arctique diminue sensiblement en été. Ainsi, une légère augmentation de la température moyenne contribue à une fonte massive de la glace, tout simplement parce que la durée pendant laquelle la température est supérieure à 0° C – et donc pendant laquelle la glace fond – augmente de manière significative. En outre, si les températures s’élèvent aussi pendant l’hiver, la vitesse de reformation de la glace diminue, et la période hivernale ne suffit plus à reformer l’ensemble de la glace perdue pendant l’hiver.

D’après les scientifiques, la hausse des températures du pôle Nord s’établit à 2.6° C pour la saison hivernale et à 0.9° C pour la période estivale, depuis 1950. Cette hausse spectaculaire de température a conduit, en 2012, à l’enregistrement de la plus petite surface de la banquise estivale jamais enregistrée, avec une surface de 3.4 millions de kilomètres carré, soit un repli de près de 60% par rapport aux années 50. En fait, depuis les années 1980, la surface de la banquise estivale diminue de 10% par décennie. En revanche, la situation du pôle Sud est moins catastrophique : la température moyenne n’y a augmenté que de 0.5° C depuis les années 50, et la banquise autour du continent ne connaît pas de recul massif.

Si la fonte des glaces est aussi rapide au pôle Nord, c’est que le réchauffement climatique s’y fait ressentir d’avantage que sur aucune autre région du globe. En effet, un phénomène de rétroaction, évoqué rapidement dans l’article précédent, entre en jeu et accélère le processus. Toute surface est caractérisée par son albédo, soit sa capacité à réfléchir les rayonnements qui l’atteignent. L’albédo de la glace est de 90%, alors que celui de l’océan, liquide, est de 5%. Or, tout rayonnement non-réfléchi, et donc absorbé par une surface, conduit à l’élévation de sa température. Ainsi la fonte des glaces aboutit elle-même au réchauffement de l’océan et du continent, autrefois protégé par une surface réfléchissante : c’est pourquoi la température augmente plus vite au niveau des pôles que nulle part ailleurs. Toutefois, la glace de l’Antarctique (pôle Sud) semble jusqu’à maintenant avoir été protégée par les températures extrêmement basses qui caractérisent cette région du globe : l’élévation de température n’est pas encore assez significative pour que débute véritablement le processus de déglaciation. Question d’effet de seuil, une fois encore. Notons quand même que les scientifiques relèvent régulièrement l’effondrement de vastes plateaux de glace sur le continent, directement imputable au réchauffement climatique.

Mais si la glace ne faisait que fondre, nul besoin de s’alarmer ne se ferait sentir, et tout ce qui précède ne constituerait qu’une jolie explication du fonctionnement d’un phénomène physique, somme toute assez banal. Non, la fonte des glaces, dont le scénario semble se jouer dans un décor lointain et exotique, s’accompagne de conséquences lourdes et irréversibles, qui devraient nous la faire apparaître comme une scène véritablement tragique.

Commençons par la conséquence la plus évidente, celle qui nous touche le plus directement, à savoir l’élévation du niveau des océans. Il convient d’abord de souligner la nécessaire distinction entre banquise et calotte glaciaire. La banquise désigne la partie de l’océan qui se trouve à l’état solide ; la calotte glaciaire renvoie à la couche de glace qui recouvre un continent. Ainsi, on parle de la banquise de l’océan arctique, mais de la calotte glaciaire du Groenland ou du pôle Sud – qui est, à l’inverse de l’arctique, un continent. Cette distinction est fondamentale parce qu’elle permet de comprendre que la fonte de la banquise ne conduit pas à la montée des océans, alors que celle de la calotte glaciaire si. En effet, puisqu’une partie de la banquise émerge et surplombe le reste de l’océan, on s’attend instinctivement à ce que le volume émergé, lorsqu’il fond, augmente d’autant le volume océanique. Mais ce serait oublier qu’une certaine quantité de glace occupe un volume supérieur à une même quantité d’eau liquide. En fondant, l’eau occupe moins d’espace, et cet espace perdu correspond au volume émergé de la banquise.

En revanche, la glace située sur les continents, lorsqu’elle fond, alimente directement le volume océanique. C’est le cas de la calotte glaciaire du Groenland, dont la fonte ne cesse de s’accélérer et d’inquiéter les glaciologues. En effet, la couche de glace recouvrant le Groenland pourrait fondre intégralement et irréversiblement, si le réchauffement climatique venait à dépasser 2° C (et il dépassera 2° C d’ici la fin du siècle), dans un horizon d’environ 8 000 ans. Dans le même temps, l’océan s’élèverait de plus de 7 mètres, engloutissant plus de 2% des terres continentales. A plus court terme, la contribution de la fonte de la calotte glaciaire du Groenland à l’élévation du niveau des océans s’établit à 0.5 millimètre par an. En outre, depuis les années 90, le niveau de la mer s’élève de 3 millimètres par an en moyenne, et les experts du GIEC estiment que cette élévation pourrait atteindre un total de 1 mètre en 2100 par rapport au niveau de 1992. Petit détail, aujourd’hui environ 100 millions de personnes vivent moins d’un mètre au-dessus du niveau de la mer. Cela nous amènera, dans un autre article, à évoquer les futures migrations de millions de personnes causées directement ou indirectement par le réchauffement climatique.

 

Mais les conséquences de la fonte des glaces ne s’arrêtent pas là. Loin de ne représenter qu’un  danger pour l’homme, elle menace directement l’ensemble de la biodiversité des espaces polaires. En effet, les équilibres biologiques sont extrêmement fragiles et la présence d’une espèce sur un territoire peut ne tenir qu’à une conjonction de facteurs extrêmement précise. Or les bouleversements sur le milieu de vie des espèces polaires provoqués par la fonte des glaces sont absolument gigantesques. Par exemple, l’ours polaire est totalement dépendant de la présence de la banquise, qui lui assure son habitat mais aussi sa nourriture, puisqu’il chasse le phoque dans les failles de celle-ci. Si la banquise venait à disparaître, l’ours blanc, privé du seul milieu lui permettant d’assurer sa subsistance, disparaîtrait avec elle. Mais au-delà de cet exemple emblématique, de nombreuses autres espèces sont directement menacées par la disparition de leur habitat polaire. Et à l’inverse de l’ours blanc, dont la disparition aurait un impact limité sur le reste de la biodiversité, certaines de ces espèces menacées sont à la base de la chaîne alimentaire. C’est notamment le cas du krill, petite crevette dont la biomasse à l’échelle de la terre en fait une des espèces les plus abondantes du globe et qui constitue la nourriture de base de très nombreuses espèces de poissons et d’oiseaux, notamment dans les régions polaires. Or on estime que la population de krill a diminué de 80% depuis les années 70, recul massif dû, outre une pêche excessive, à la diminution de la surface de la banquise antarctique, qui constitue un habitat propice à sa reproduction. La disparition de ce maillon essentiel dans la chaîne alimentaire serait tout simplement catastrophique pour l’ensemble de la biodiversité. La forte diminution des réserves de krill a déjà, à titre d’exemple, entraîné le recul de près de 60% des effectifs de certaines populations de manchots.

A la suite de cette présentation rapide du processus de fonte des glaces et de ses conséquences, on comprend que les mécanismes naturels déclenchés par l’élévation de la température terrestre sont proprement colossaux : on parle de milliards de mètres cubes de glaces qui ont déjà fondu et sont encore amenés à fondre, et surtout, de phénomènes qui, une fois en marche, ne pourront plus être empêchés. Il semblerait que l’homme, en perturbant le climat naturel de notre planète, ait mis le doigt dans l’engrenage d’un énorme moteur, qui une fois lancé, pourrait avoir du mal à s’arrêter. Ou du moins pas avant d’avoir causé des dégâts gigantesques.

 

Thibault Ingrand

Les conséquences du réchauffement climatique: Introduction.

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Voici le premier article d’une série qui traitera des conséquences du réchauffement climatique. Nous sommes tous persuadés que nous les connaissons parfaitement tellement nous en avons entendu parler : fonte des glaces, élévation du niveau des océans, recrudescence des catastrophes naturelles, etc. Mais en vérité, elles sont beaucoup plus nombreuses et plus complexes que nous voulons bien l’imaginer. C’est pourquoi, bien que n’étant un expert ni en climatologie ni en sciences environnementales, je chercherai à les présenter, à les analyser et à en présenter les grands enjeux.


A l’heure actuelle, étant donné l’ensemble des engagements pris par les Etats du monde entier à l’occasion de la Cop 21 dont les réunions finales auront lieu à Paris début décembre, le réchauffement climatique devrait s’établir à 2.7 ° C à l’horizon 2100.

Trois remarques sont à formuler quant à ce chiffre. Tout d’abord, nous sommes encore loin de la limite des 2° C fixée à Copenhague en 2009 à l’occasion de la dernière conférence internationale sur le climat. Ensuite, ces engagements ne constituent que des promesses. Ainsi, si aucun cadre contraignant n’est établi autour de ceux-ci, on peut affirmer sans se tromper que le réchauffement climatique excèdera largement cette estimation. Enfin, et c’est bien là le plus grave, la référence des 2° C à ne pas dépasser n’est pas une donnée scientifique établie par une étude précise des conséquences d’un tel réchauffement, mais simplement un chiffre politique, qui a été décidé à Copenhague et qui est maintenant brandi comme un symbole.

En vérité, dès qu’il est question du climat, il me semble que nous passons plus de temps à discuter de détails sans grande importance ainsi qu’à s’enfermer dans des débats stériles plutôt qu’à dégager les véritables enjeux. Et une des questions fondamentales, qui est trop souvent éclipsée, est celle des conséquences du réchauffement climatique. Conséquences multiples, diverses, et dont la fréquente irréversibilité devrait nous faire réfléchir.

La cause principale du réchauffement climatique, nous la connaissons. Les activités humaines rejettent d’énormes quantités de gaz dans l’atmosphère qui provoquent ce qu’on appelle l’effet de serre. Les rayons du soleil sont renvoyés par la surface du sol terrestre et sont ensuite bloqués par les molécules de certains gaz présents dans l’atmosphère (comme le CO2). Le phénomène d’effet de serre est naturel et même indispensable au maintien d’une température suffisamment élevée pour permettre notre survie, mais la concentration de gaz à effet de serre a énormément augmenté depuis le XIXème siècle et atteint un niveau qui contribue au réchauffement rapide de notre planète. Et cette concentration ne cesse de s’élever. Donc le réchauffement de s’accélérer.

Le problème est évidemment que cette augmentation rapide de la température terrestre perturbe la stabilité de systèmes physiques et biologiques de notre planète dont l’équilibre est fragile, et a ainsi de nombreuses conséquences sur notre environnement. Cette élévation de la température entraîne la fonte des glaces, polaires mais aussi montagneuses, l’acidification et le réchauffement des océans, la perturbation globale du système climatique, la disparition rapide, massive, irréversible de nombreuses espèces vivantes, et bien d’autres phénomènes, encore souvent mal connus.

Mais au-delà des conséquences naturelles directes que je viens d’énumérer, s’ajoutent les conséquences indirectes sur la société humaine, celles-là mêmes qui nous concernent directement et qui font du réchauffement climatique le sujet politique le plus préoccupant aujourd’hui. Celui-ci entraînera la migration de millions de personnes dont le lieu de résidence sera devenu inhabitable, pour cause de sécheresse ou de montée des eaux, la destruction de dizaines d’aires urbaines littorales partout dans le monde, la nécessité pour les hommes de repenser l’agriculture, ou encore la multiplication des dégâts provoqués par la recrudescence des catastrophes naturelles.

Par ailleurs, deux phénomènes viennent encore aggraver la situation dans laquelle nous nous trouvons et complexifient l’étude des effets du réchauffement climatique. Le premier est ce qu’on appelle le principe de rétroaction. On parle de rétroaction quand la conséquence de l’évolution d’un paramètre devient elle-même une cause de l’évolution de ce paramètre. Par exemple, l’augmentation de la température du globe entraîne la fonte des glaces, qui elle-même favorise l’élévation de la température, car les rayons du soleil qui se réfléchissaient sur la banquise sont maintenant absorbés par l’eau ou le sol. Il s’agit, en quelque sorte, d’un cercle vicieux.

Le deuxième phénomène est l’effet de seuil. Poussez une assiette qui se trouve sur une table pendant que vous avez les yeux bandés. Dans un premier temps, l’assiette avance petit à petit et rien ne se passe. Aucune conséquence majeure du fait que vous la poussiez ne semble apparaître. Vous continuez donc, jusqu’à ce que celle-ci, sans que vous ayez pu le prédire ne serait-ce qu’une seconde plus tôt, arrive au-delà des limites de la table et tombent sur le sol. Pour le climat, c’est exactement la même chose. Nous émettons des gaz à effet de serre, un peu, beaucoup, la température augmente et l’environnement semble évoluer petit à petit sans conséquences véritablement dommageables. Nous continuons donc à émettre massivement du dioxyde de carbone en nous satisfaisant que notre environnement ne réagisse que faiblement, et en nous imaginant que nous avons le temps. Que rien ne presse. Que nous pouvons continuer à pousser l’assiette.

Mais nous oublions que nous avons les yeux bandés. Et un jour, nous entendrons l’assiette tomber.

Thibault Ingrand

A l’Hotel de Ville, on rend hommage aux innovations au service du climat

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Du 3 au 8 juillet, l’ADEME (Agence de l’Environnement et de la Maitrise de l’Energie), le ministère de l’écologie, et le commissariat général à l’investissement et la Mairie de Paris présentaient l’exposition Innov’Climat, et verTige était invité à l’inauguration ! Petit compte-rendu de l’expo.  Lire la suite