Thorium – Le Dieu Du Tonerre En Mode Nucléaire

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Après la catastrophe de Fukushima en 2011, plusieurs pays ont commencé à douter de la sécurité des réacteurs nucléaires, et certains ont même commencé à les arrêter – à part le Japon, qui a renoncé à cette forme d’énergie électrique, l’Allemagne a aussi décidé d’arrêter tous ses réacteurs dans les années qui suivent.

Même si certains affirment que Fukushima a été une somme de circonstances extrêmes et malheureuses, rarement rencontrée, l’énergie nucléaire a toujours posé encore un autre défi, celui de la gestion des déchets nucléaires. Les barres d’uranium, une fois épuisées, restent hautement radioactives et doivent être mises là où elles ne puissent pas nuire aux êtres vivants ou à l’environnement. Et pourtant, des cylindres en acier et béton à la surface terrestre et jusqu’aux fosses de kilomètres de profondeur, toutes les méthodes posent encore des doutes, à cause des radiations qui restent puissantes pendant des milliers d’années et même plus.

Avec tous ces inconvénients, un combustible nucléaire alternatif pourrait être la solution. Il y a des décennies, lorsque l’uranium n’avait pas été consacré comme le choix final, des recherches étaient en cours sur un autre élément, aussi nommé d’après une divinité – thorium. Les taglines :

  • Sécurité avant tout – même si radioactif, le thorium est bien moins dangereux que l’uranium, sans le risque de fusion catastrophique, et il est facile de s’en débarrasser.
  • Haut rendement – exploité proprement, il pourrait générer jusqu’à 200 fois plus d’énergie que l’uranium.
  • Pur et simple – contrairement à l’uranium, le thorium ne doit pas être enrichi, fonctionnant comme combustible dès son état natif.
  • Petits morceaux – la manière la plus simple de l’utiliser, c’est dans des réacteurs de petite taille, de 600 MW maximum, qui sont faciles à sécuriser et à maintenir.
  • Toujours gentil – le processus crée juste des petites quantités de plutonium, donc on ne sera pas soupçonné d’accumuler son propre stock d’ogives. Et celà, malgré l’infâme préférence de Dr. Strangelove pour Cobalt-Thorium-G.
  • Y en a partout – le thorium est abondant dans tous les coins du monde, étant aussi fréquent que le plomb et même écarté comme déchet pendant l’extraction des terres rares.
  • Zéro émissions – comme les réacteurs d’uranium, ceux de thorium n’émettent pas de GHG.

Alors, pourquoi ne pas démarrer maintenant ? En fait :

  • Research, research, research – Avec la technologie courante, le thorium est beaucoup moins efficace que l’uranium comme combustible, et les méthodes proposées impliquent de le transformer en isotopes de l’uranium. Il y a eu des réacteurs d’essai, dans les années 70, mais beaucoup de recherche serait encore nécessaire de le rendre efficace à l’échelle commerciale.
  • Ah oui, et il faudrait se battre avec l’immense industrie basée sur l’uranium, qui existe déjà.

La recherche sur le thorium a été abandonnée dans les années 70, lorsque celle sur l’uranium a avancé suffisamment pour constituer un choix gagnant. Pourtant, après le choc de 2011, en profitant de la chute de confiance dans l’uranium, le thorium pourrait revenir à la mode.

Le Royaume-Uni travaille actuellement sur le Accelerator-driven subcritical reactor, une combinaison de réacteur nucléaire et accélérateur de particules, ayant le thorium comme combustible. Les chercheurs espèrent intégrer le réacteur résultant dans le réseau britannique d’ici 2025.

D’autres pays qui s’intéressent au potentiel nucléaire de cet élément sont l’Inde, la Chine, la Norvège, les Etats-Unis, Israël, les Pays-Bas et la Russie. Si la recherche se poursuit et le thorium s’avère efficace, il pourrait déclencher une révolution dans l’énergie nucléaire.

– Victor Manoliu

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Thorium – The God Of Thunder Goes Nuclear

After the Fukushima catastrophe in 2011, many countries started to question the safety of nuclear reactors, and some even started to shut theirs down – apart from Japan, who has given up this source of electrical energy, Germany has also vowed to close all reactors within several years.

Although some claim that Fukushima was a rarely encountered sum of extreme, unfortunate circumstances, nuclear energy has always posed another difficult challenge, namely nuclear waste disposal. The Uranium rods, once depleted, are still highly radioactive and need to be placed where they can’t harm living creatures or the environment. And yet, from steel-and-concrete cylinders at the Earth’s surface to thousand-mile-deep pits, all disposal methods still raise some doubts, due to the high radiation levels lasting for thousands of years and even more.

With all these inconveniences, an alternative nuclear fuel might be the solution. Decades ago, when uranium wasn’t yet consecrated as the fuel of choice, research was being done on a different element, also named after a deity – thorium. Its taglines:

  • Safety first – while still radioactive, thorium is a lot less hazardous than uranium, posing no real meltdown threat and making it easier to dispose of as waste.
  • High yield – harnessed properly, it could give up to 200 times more energy than uranium.
  • Pure and simple – unlike uranium, it doesn’t need fancy enriching, it can be used as fuel in its native state.
  • Tiny bites – the simplest way to use it is in small reactors, of not more than 600 MW each, which are also a lot easier to secure and maintain.
  • Think happy thoughts – the process only produces very small amounts of plutonium, so you won’t be suspected of building your own fiendish nuke stockpile. Despite Dr. Strangelove’s notorius affection for Cobalt-Thorium-G.
  • It’s everywhere – thorium is abundant in all parts of the world, being as frequent as lead and even discarded as waste in rare-earth mining.
  • Zero emissions – like uranium reactors, thorium reactors don’t emit greenhouse gases.

So, why not start now? Well:

  • Research, research, research – With the current technology, thorium is a lot less efficient than uranium as fuel, and in fact the existing proposed methods involve turning it into uranium isotopes. There were some test reactors built in the 70’s, but a lot of research would still be necessary to render this efficient and commercial.
  • Oh, and you would need to fight the huge uranium-based industry already out there.

Thorium-related research was abandoned in the 70s, when uranium-related research advanced enough to be taken as the winning alternative. But now, after the 2011 shock, taking advantage of Uranium’s drop in confidence, Thorium could come back into fashion. The UK is currently working on the Accelerator-driven subcritical reactor, a combination of a nuclear reactor and a particle accelerator, with thorium as fuel. The researchers hope to integrate a resulting reactor into the British grid by 2025.

Other countries currently investigating this element’s nuclear potential are India, China, Norway, U.S., Israel, Netherlands and Russia. If the research continues and thorium proves to be efficient, it may trigger a revolution in nuclear energy.

– Victor Manoliu

Image courtesy of Suvro Datta at FreeDigitalPhotos.net (Thunder)

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