Les commentaires en ligne sont-ils mauvais pour la science et la société?

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Ça vous est déjà arrivé de vous rendre sur votre site d’actualité favori, et de parcourir les commentaires d’un article très consulté? C’est fou comme, quel que soit le sujet, on peut toujours les classer dans des catégories ‘bateau’: les mauvaises blagues, les commentaires religieux, les théories du complot, etc.

Parfois je me demande si ce qu’on considérait à l’origine comme un fantastique forum pour les débats publics n’est pas tout simplement devenu un champ de bataille pour des croisés aux agendas divers.

C’est une question qui a déjà souvent été posée, et pour certains, la réponse est évidente. Elle l’était par exemple pour Suzanne LaBarre, la directrice du site de Popular Science: pour elle, la section ‘commentaires’ de son site n’en vaut tout simplement pas la peine.  Cela fait des années qu’elle voit les débats des lecteurs être pollués par des trolls et des spams, remettant en cause les bases mêmes du consensus scientifique.

Tout est remis en question sans raison logique, de la théorie de l’évolution aux origines du changement climatique,” déplore Suzanne LaBarre dans un article de son site expliquant sa décision. “La certitude scientifique est apparemment une chose dont deux personnes peuvent toujours débattre.”

L’étude qu’elle mentionne dans son article suggère que les commentaires agressifs sans base logique ont le pouvoir de remettre en cause l’avis de certains lecteurs sur une technologie donnée. Pour LaBarre, ce danger potentiel surpasse les bénéfices de l’option commentaire, et il existe bien d’autres moyens pour les utilisateurs du site de commenter et de partager ses articles, comme par exemple sur Facebook et Twitter.

Est-ce la bonne approche? D’une certaine façon, LaBarre va à l’encontre de la tendance actuelle qu’on peut observer dans les médias contemporains, qui encouragent vivement leurs lecteurs à s’engager par rapport aux articles présentés. Le quotidien Britannique The Guardian, par exemple, est un fervent défenseur de ce que ses éditeurs appellent l’open journalism: selon eux, les lecteurs aident les journalistes professionnels à rendre leurs articles pertinents au niveau sociétal. Si vous ne l’avez pas encore vue, prenez deux minutes pour regarder leur vidéo YouTube sur le thème des Trois Petits Cochons, qui est un parfait exemple de ce concept et qui est aussi franchement marrante.

Bref, on vous le demande à vous, les lecteurs: à une époque dans laquelle Internet est de plus en plus présent dans nos vies, et pendant laquelle nous devrons relever de nombreux défis comme le changement climatique, quels avantages représentent réellement les commentaires en ligne pour notre société?

“Les commentaires contribuent à former l’opinion publique; l’opinion publique influence les politiques gouvernementales; et les politiques gouvernementales définissent le type et le nombre de projets de recherche recevant des subsides,” conclut LaBarre.

– Albane Flamant

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 Are online comments bad for science and society?

Have you ever visited your favorite news website, and browsed through the comment section of a popular article? It strikes me how no matter the topic, most comments can usually be filed in broad categories: bad jokes, religion, anger at government, etc.

Sometimes, I wonder whether what was initially seen as an opportunity to debate has become a mere online battlefield for crusaders with mixed agendas.

This question has already been asked, and maybe even answered by some. For Suzanne LaBarre, the online content director of Popular Science, the gain of online comments is just not worth the pain. For years, she’s seen trolls and spams pollute the discussion below the articles of her website, undermining popular consensus on scientifically proved phenomena.

“Everything, from evolution to the origins of climate change, is mistakenly up for grabs again,” said LaBarre in an article explaining her decision on the magazine’s website. “Scientific certainty is just another thing for two people to ‘debate’.”

The research she mentions in the article indicates that an aggressive irrational comment had the power to sway the position of a fraction of readers towards a specific technology. This is the basis of LaBarre’s argument to close down the comment section of her website. She argues that there are other ways to discuss the articles her website publishes, such as Twitter and Facebook.

Is this the right approach? In a way, this goes against a growing trend in today’s media, which tend to encourage their readers to engage with their content. The Guardian, for example, is a fervent advocate of open journalism, which sees readers as an essential component of making a story socially relevant. If you haven’t watched it yet, take to minute to enjoy their Three Little Pigs video, which exemplifies this concept and is truly hilarious!

Nevertheless the question remains, and it is not an easy one to answer: at a time at which the Internet is more and more present in our lives, and at which challenges such as global warming lay ahead, are online comments an added value for society?

“Commenters shape public opinion; public opinion shapes public policy; public policy shapes how and whether and what research gets funded,” said LaBarre.

– Albane Flamant

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