Lave ton linge chez moi et apprends-moi l’anglais en échange : la consommation collaborative contre la consommation frénétique

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Pour Rachel Botsman, pionnière de la consommation collaborative, ce que l’on attend désormais n’est pas nécessairement la possession matérielle de l’objet, mais l’usage, le service rendu. Cela traduit un changement de mentalité : à l’opposé de l’ère de la consommation de masse, ce qui compte de plus en plus est l’accès aux biens, et non pas l’achat, ainsi que la participation de chacun afin d’avoir accès à une offre personnalisée, faisant des consommateurs des « consomm’acteurs ».

Voici donc la consommation collaborative, qui est de plus en plus présente depuis quelques années et regroupe des initiatives très variées : LeBonCoin, Couchsurfing et les Vélib’, ça vous dit quelque chose ?

Petit lexique de la consommation collaborative

Au-delà des différents secteurs concernés (voir mon article précédent sur la consommation collaborative), voici les différents modèles existants, selon la distinction utilisée par Rachel Botsman, ainsi qu’Antonin Léonard, du blog consocollaborative. Le Product service system consiste à remplacer l’achat d’un bien par celui de l’usage. En clair, on n’achète pas un objet, mais le service rendu : la mobilité au lieu du vélo dans le cas des Vélib’, par exemple.

Les systèmes de redistribution, comme Le Bon Coin, sont aussi de plus en plus nombreux : ils permettent échange, troc ou même don entre particuliers.

Le mode de vie collaboratif regroupe des pratiques comme le Crowd funding (par exemple KissKissBankBank) et les circuits courts dont l’objectif est de réduire les coûts liés à la distribution et de favoriser les producteurs locaux, à l’image des AMAP et de la Ruche qui dit Oui ! On y inclut aussi le partage, et ses nombreux exemples tels l’autopartage, le coworking, le colunch, le couchsurfing, et bien sûr la colocation ! Cette catégorie permet des échanges de biens, de services, mais aussi de compétences et de financement.

Et ça marche ?

Quelques exemples pour vous convaincre : d’après MilgromMarketResearch, le covoiturage est le premier concurrent de la SNCF. Quant au Bon Coin, deux ans après sa création, il s’est imposé comme la troisième enseigne préférée des Français ! Au total, plus d’un Français sur 2 a déjà été impliqué dans la consommation collaborative (source : consocollaborative).

Si les exemples de consommation collaborative se développent si vite, c’est pour plusieurs raisons, notamment des facteurs culturels, c’est-à-dire l’ancrage de l’échange dans la culture française, économiques, puisque la crise questionne notre modèle économique et nous impose de faire encore plus attention à notre porte-monnaie, et environnementaux et sanitaires. De la pénurie croissante des matières premières au problème du traitement des déchets, en passant par les scandales sanitaires, autant de raisons pour questionner notre modèle actuel. Il n’y a rien de tel qu’acheter ses produits à des producteurs locaux pour ne pas avoir à se demander s’ils sont passés par la moitié des pays du monde. Mais la consommation collaborative est aussi permise par les avancées technologiques. Des communautés sont formées, et les systèmes de notation et d’avis présents sur ces sites permettent d’échanger en confiance. Envoyer son DVD à un parfait inconnu en espérant recevoir celui qu’il a promis d’envoyer, bof, mais si cette personne n’a que des avis positifs, ça met plus en confiance, non ?

Au final, la question qui se pose est : est-ce que la consommation effrénée est le seul modèle économique, ou bien un modèle de consommation parmi d’autres ? Vous y penserez en repartant de Sciences Po en Vélib’ J

Oriane Cébile

Pour plus d’infos :

–          Consocollaborative : http://consocollaborative.com/983-economie-du-partage-consommation-collaborative.html

–          Une liste de sites : http://consocollaborative.com/1704-100-sites-de-consommation-collaborative.html

–          Des données sur le mouvement : http://milgrommarketresearch.blogspot.fr/p/blog-page_19.html

–          Rachel Botsman au TEDxSydney : http://www.ted.com/talks/rachel_botsman_the_case_for_collaborative_consumption.html

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For Rachel Botsman, pioneer of collaborative consumption, what we want today is not necessarily physical possession of things, but the service, the use, we get from it. This shows that mentalities have changed: contrary to the era of mass consumption, what is more and more important is having access to things, and not buying necessarily them, as well as participation to get a customized offer. This changes consumers to “consomactors”.

So here is collaborative consumption, which is growing over time and gathers very diverse initiatives: LeBonCoin, Couchsurfing and Velib’, do they ring a bell?

Short glossary of collaborative consumption

Beyond the different sectors (see my previous article about collaborative consumption), here are the different existing models, based on the distinction used by Rachel Botsman and Antonin Léonard, blogger at Consocollaborative. The Product Service Systems mean that buying something is replaced by buying the use of it. You do not buy an object, but the service you get from it: mobility instead of a bike in the case of Velib, for example.

Redistribution markets, like Le Bon Coin, are growing in number: they allow exchange or gift between individuals.

Collaborative lifestyles gather different practices such as Crowd funding (for example KissKissBankBank) and local food systems whose objective is to reduce distribution costs and support local producers. Examples include AMAP (associations supporting small farming) and La Ruche Qui Dit Oui! It includes also sharing, such as car sharing, coworking, colunch, couchsurfing, and apartment-sharing, of course! You can exchange goods, services, but also competences and financing.

And does it work?

A few examples to convince you: according to MilgromMarketResearch, SNCF is directly followed by car sharing in terms of users. And Le Bon Coin, only 2 years after it was created, became the third favorite trading name in France! Overall, more than 1 French out 2 has been involved in collaborative consumption (source: Consocollaborative).

Collaborative consumption grows so fast for different reasons, including cultural factors, that is to say the importance of exchanging in the French culture, economic factors, given that the economic crisis puts our economic model into question and forces us to pay even more attention to what we spend, as well as environmental and health-related. From the shortage of raw materials to the problem of waste disposal and health scandals, there are many reasons to question our current model. Buying your food at a local producer’s is the best way not to worry about whether the food has been exchanged through half of the world’s countries. But collaborative consumption is also made possible because of technological developments. Peer communities are created, and rating systems on these websites makes confidence in exchanges possible. Sending a DVD to an unknown person and hoping that you will receive what he promised to send is not that easy, but if that person has received only positive opinions, you will feel more confident, no?

In the end, the question is: is frantic consumption the only economic model, or is it one among many? You will think about it when leaving Sciences Po on a Velib’

Oriane Cébile

For more information:

–          Consocollaborative : http://consocollaborative.com/983-economie-du-partage-consommation-collaborative.html

–          A list of websites: http://consocollaborative.com/1704-100-sites-de-consommation-collaborative.html

–          Data about the movement: http://milgrommarketresearch.blogspot.fr/p/blog-page_19.html

–          Rachel Botsman at TEDxSydney : http://www.ted.com/talks/rachel_botsman_the_case_for_collaborative_consumption.html

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