Un poulailler sur le toit, un potager au sous-sol – un truc de bobo utopique en mal de campagne ?

ruches scpo
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On dirait bien. Mais quand on sait que la population urbaine continue à croître fortement, empiétant sur les terres agricoles et offrant une qualité de vie parfois faible, l’urgence à repenser le modèle de nos villes devient évidente. Et c’est là qu’intervient l’agriculture urbaine. Vous trouverez plein de définitions, mais celle d’AgriUrbain donne une bonne idée : « Les grands éléments de ses définitions inclus la localisation de l’activité (sur un territoire urbain),  l’activité elle-même (production alimentaire ou autres), sa raison économique (revenu pour des agriculteurs ou des familles) et son inclusion dans le système alimentaire conventionnel ou dans un système alternatif. » Ses objectifs sont nombreux : environnementaux (favoriser la biodiversité en ville), de sécurité alimentaire, sociaux (favoriser les échanges), économiques, sanitaires, mais aussi d’éducation et de loisirs, principalement dans les pays développés. L’agriculture urbaine vise à être intégrée dans le tissu économique local.

OK. Donc il s’agit de produire de la nourriture en ville puis de la vendre. C’est bien joli tout ça, mais en pratique, ça donne quoi ?

L’agriculture urbaine concerne déjà certains projets particulièrement ambitieux. Par exemple les projets de fermes verticales, « living skyscrapers », etc. qui peuvent sembler complètement fous mais sont néanmoins mis en place. A Tokyo, Pasona 02 était une ferme souterraine, dans le quartier financier. Après travaux, Pasona 02 est devenu Pasona Urban Farm : l’agriculture s’intègre entièrement dans les bureaux, de la rizière installée dans le hall aux plantations dans les étages. Une réu au milieu des plantations de choux, ça vous tente ? Mais les investissements nécessaires pour ces projets sont significatifs, et la volonté n’est pas toujours là. Sans parler du nombre d’années nécessaires pour les faire émerger.

Mais l’agriculture urbaine, c’est aussi, et peut-être avant tout, un mouvement social, soutenu par des initiatives à plus petite échelle, que ce soit par les élus locaux, le secteur privé ou plus fréquemment les particuliers et associations. L’exemple le plus courant est l’utilisation des toits pour faire pousser des plantes, élever des volailles ou installer des ruches (apiculture urbaine). A Paris par exemple, Monoprix vend du miel produit par des ruches installées sur les toits de certains de ses magasins. Et quand je parle de toits, ça ne concerne pas seulement les habitations, mais également les bus et autres moyens de transports dont le toit peut être végétalisé ! Vous pouvez également trouver une centaine de jardins partagés à Paris. Et les arbres fruitiers sont de retour en ville, du moins à San Francisco !

Les avantages sont multiples : circuits courts, possibilités d’insertion sociale, protection de la biodiversité, réduction de l’utilisation de produits chimiques (personne ne tient à empoisonner des villes entières)… Alors bien sûr, l’agriculture urbaine n’est pas prête de remplacer les grandes zones agricoles. Les surfaces sont limitées, la production est généralement modeste, certaines zones urbaines sont trop polluées… Mais ça vaut le coup d’essayer, non ?

Photo : Association Sciences Po Environnement

– Oriane Cébile

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Given that urban population is growing, reducing the space available for agricultural land and the quality of life, it becomes obvious that we have to rethink our urban model. And it is where urban agriculture steps in. You will find heaps of definitions, but the one given by AgriUrbain includes location of the activity (urban territory), the nature of the activity (food production), its economic reason (revenues for producers or families), and its inclusion in the conventional food system or in an alternative system. Its objectives are many: environmental (to favor biodiversity within cities), food security, social (to favor exchanges), economical, sanitary, but also education and leisure, mainly in developed countries. Urban agriculture aims at being integrated in the local economic fabric.

OK. So it is about producing food in town and selling it. But in practice, what does it involve?

Urban agriculture is first about ambitious projects. For example vertical farms projects, “living skyscrapers”, etc. which may seem completely crazy are nevertheless implemented. In Tokyo, Pasona 02 was an underground farm in the financial district. After works were done, Pasona 02 became Pasona Urban Farm: agriculture is intertwined with offices, from the rice field in the lobby to the plants upstairs. What about a meeting surrounded by cabbage plants? But the required investments are significant, and the willingness may be absent. Not even mentioning the time required for these projects.

But urban agriculture is also, and maybe first and foremost, a social movement supported by small-scale initiatives, either by local representatives, the private sector or more frequently individuals and associations. The most obvious example is the use of roofs to make plants grow, to keep poultry or to set beehives. In Paris for instance, Monoprix sells honey produced by beehives put on the roof of some of its shops. And when I talk about roofs, I do not refer only to housing but also buses and other transportation means whose roof may be “greenified”! In Paris there are also around a hundred of community gardens. And fruit trees are back in town, at least in San Francisco!

There are many advantages: reduced transportation, enhanced possibilities for social insertion, biodiversity protection, reduction in the use of chemicals (nobody wants to poison entire towns)… So indeed, urban agriculture is not about to replace large agricultural lands. Surfaces are small, production is usually limited, some urban areas are too polluted… But it is worth trying, isn’t it?

– Oriane Cébile

Pour aller plus loin

Liste des jardins partagés ouverts au public : http://www.paris.fr/pratique/jardinage-vegetation/jardins-partages/liste-des-jardins-partages/rub_9111_stand_24892_port_22123

AgriUrbain : http://agriurbain.hypotheses.org/2705

Fermes verticales : http://www.verticalfarm.com/designs

Pasona Urban Farm : http://www.transition-verte.com/pasona-de-lagriculture-urbaine-underground-au-potager-de-bureau/

Présentation de l’agriculture urbaine : http://www.developpementdurable.com/technologie/2013/05/A6656/lagriculture-urbaine-cest-quoi.html

Une réflexion sur “Un poulailler sur le toit, un potager au sous-sol – un truc de bobo utopique en mal de campagne ?

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