Où sont les hommes ? Update à Patrick Juvet

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« Où sont les feeeeemmes ? » se demande notre chanteur préféré, du haut de sa voix grave et profonde. Il semblerait que l’adage serait en train de changer.

L’augmentation de la proportion de poissons mâles dans les rivières est remarquée depuis plusieurs années déjà, et associée à la pollution aux œstrogènes issue des stations d’épuration. Provenant principalement de l’urine des femmes consommant des anovulants, mais aussi des détergents industriels et de la plupart des pesticides, les modulateurs endocriniens envoient de faux messages au système hormonal des espèces sous-marines : baisse de la production de spermatozoïdes chez les mâles, et réduction de leur motricité ; ou, chez les femelles, ralentissement de la maturation des œufs, qui n’arrivent plus à terme au moment où les mâles sont prêts à les fertiliser. Certaines espèces de poisson ont ainsi déjà perdu leur fonction reproductrice ! Plus spectaculaire encore : la pollution aux œstrogènes entraine une féminisation des poissons mâles, avec l’apparition d’organes sexuels féminins dans leur système reproductif.

Et alors, me direz-vous ? Ce qui se passe chez les poissons reste chez les poissons ?  L’eau potable, en effet, filtrée notamment par chloration, contient sensiblement moins d’œstrogènes que les eaux de rivière. Mais une étude américano-canadienne, publiée dans Toxicological Sciences, prouve le possible impact de cette pollution chez les mammifères (et donc les humains) : les substances, synthétiques, ne sont pas assimilées par l’organisme mais s’accumulent, et se transmettent d’une espèce à une autre par le biais de la chaine alimentaire. Les chercheurs à l’origine de cette étude tissent ainsi un lien entre la pollution aux œstrogènes, la féminisation des poissons, et l’augmentation des tumeurs du sein chez la femme ainsi que la chute drastique du nombre de spermatozoïdes chez les hommes (perte de 50% dans les dernières décennies).

Mesdames, le dosage de vos pilules a plus d’impact que vous ne pensez… Pour une action plus accessible, les anti-androgènes (qui, contrairement aux œstrogènes, ne féminisent pas les poissons de rivière, mais freinent leur masculinisation), tels que les fongicides, les antibactériens, ou encore la plupart des conservateurs utilisés en cosmétique et en alimentation, sont à consommer avec modération.

Louise Roblin

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« Who run the world? Girls » – When Beyoncé is almost scientifically right

The increased proportion of male fish in rivers has been accounted for since several years already, and associated with oestrogen pollution from treatment plants. Originating mainly from urine of women taking oral contraceptives, but also from industrial detergents and pesticides, endocrine disruptors send fake messages to the subaquatic species’ hormonal system: decrease in spermatozoid production among males and reduction of their mobility; or, among females, a slower maturation of eggs, that are not ready when males fertilise them. Some species have thus already lost their reproductive functions! Even more spectacular: oestrogen pollution causes a feminisation of male fish, with the appearance of female sexual organs in their reproductive system.

And so what, are you saying? What happens in a fish world stays in a fish world? Drinkable water, indeed, filtered by chlorination, contains sensibly less oestrogen than river waters. But an Americano-Canadian study, published in Toxicological Sciences, proves the possible impact of this pollution on mammals (and thus humans): the —synthetic­— substances are not assimilated by the organism, but accumulate and are transmitted from one species to another via the food chain. The researchers behind this study forge a link between oestrogen pollution, fish feminisation, and the increased number of breast tumours among women as well as the drastic drop in the number of spermatozoids produced by men (a 50% loss in the last decades).

Ladies, the dosage of your birth control pills has more impact than you think… For a more accessible action, antiandrogens (which, in opposition to oestrogens, don’t feminise river fish, but prevent their masculinisation), such as fungicides, antibacterial agents, or most of the conservatives used in cosmetics and alimentation, are to be consumed with moderation.

3 réflexions sur “Où sont les hommes ? Update à Patrick Juvet

    • Louise

      Pas d’oestrogènes dans les pilules progestatives (ou micro-pilules), non ! A vrai dire, elles ont même plutôt des effets androgènes… Merci pour ta question !

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