Ecrivains en herbe – 1

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Lundi poésie ! Pour la semaine à venir, verTige publiera les huit textes lauréats du concours Ecrivains en herbe proposé par Sciences Po Environnement, sur le thème « Générations futures ? ». Pour cette première édition, le poème SOLEIL par Steve Domer. 

Je vous vois au fond,
Rieurs et penseurs,
Vous n’avez pas peur.
Prenez le temps, regardez-moi
Assis sur cette balançoire.
Sur la table là-bas,
Quelques poires,
Surtout des cerises.
Seulement :
En restera-t-il ?

Parlez-moi, de tout là-bas.
Dites-moi que vous n’avez pas
D’angoisse face à tout cela.
Heureusement le soleil,
Ravi de m’illuminer,
Me remplit de naïveté.
Après tout, comment aurais-je pu
Savoir que ce vent qui m’a tant plu
Ne bercerait plus
Ce cerisier joufflu.

Car pourtant, bien plus tard,
Toujours sur cette même pelouse,
L’ombre du cerisier n’est plus.
De ces belles notes de guitare,
Je te regarde, toi, nouveau,
Aveuglé par le soleil d’antan,
Dansant
Sur cette balançoire.

Ne serais-tu pas le même que moi ?
N’as-tu pas connu
Les mêmes émois
Quand ces douces cerises
Disparurent
Lentement
De nos tables.

Pourquoi donc cela ?
À vrai dire, je ne sais pas.
Essaie, encore, dis-moi pourquoi.
Pour tout te dire,
Je suis revenu
Et il n’était plus.
Il avait disparu.

Me dis-tu là
Que plus jamais
Je ne pourrai
Daigner voir
Ces douces fleurs
Qui m’emplissaient de candeur ?

Mon garçon,
Assieds-toi s’il te plaît.
Je me souviens de
Comment je les regardais.
Comme peut-être, je les enviais de
Ne pas se soucier
Des générations futures
Et de pouvoir manger
Sans se préoccuper
De cette imminente rupture.

Lorsque ces journées d’été,
Ta grand-mère chantait,
Les fleurs de ce cerisier
Jamais ne faneraient.
Il fut un jour où,
À force de ne pas voir,
De ne pas vouloir voir,
Le cerisier chu.

Alors bien sûr,
Ma personne y doit sans doute.
J’aurais peut-être dû
Préserver
Ce joli cerisier ;
Cultiver
Vos souvenirs à venir.
Mais ne t’en veux pas
Si comme moi,
Tu les regardais,
Eux, là-bas,
Rieurs et penseurs,
N’ayant pas peur.

Et s’il te plaît, mon garçon,
Ne t’en veux pas, si
Ce soleil t’aveuglait, si
Ce qu’ils ont fait et
Ce que nous n’avons pas fait
Ont empêché aux autres garçons
De connaître comme nous
Les douces et belles cerises
Du beau et coquet jardin
De notre tendre grand-mère.

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